Samedi 9 Décembre 2017, je me dirige vers le stade de la rencontre à Saint-Nazaire qui affronte Niort dans ce 1er Tour Fédéral de Coupe Gambardella. Mes assistants et moi-même arrivons au stade à 17h30, le match est prévu pour 19h. Les supporters se sont déplacés en nombres pour assister à ce match.
L’envie d’arbitrer ce match m’excite depuis que la désignation est tombée la semaine dernière. La petite boule que j’ai dans le ventre s’intensifie à l’idée de constater le nombre important de tous ces supporters. 40 minutes avant le début de la rencontre, avec mes assistants nous nous dirigeons pour aller nous échauffer, les banderoles, les haut-parleurs, les chants d’équipes, tout est déjà au rendez-vous pour avoir une forte ambiance dans ce match à enjeu ce soir.
Coup d’envoie
Tout le monde est prêt, je donne le coup d’envoie de la rencontre. Le match commence sur les chapeaux de roues, la tension entre les deux équipes est palpable. 6e minutes de jeu, je dois déjà sévir un tacle irrégulier et avertir le premier joueur de la rencontre du coté de Saint-Nazaire. La première mi-temps est terminée.
2e mi-temps titanesque
La 2e mi-temps reprend, l’équipe recevante tient le score mais manque l’occasion d’enfoncer le clou un peu plus. A la 75e minutes de jeu, les chamois niortais reviennent dans la partie et réduise le score. Le match monte en pression, Niort veut y croire et pousse sur la défense nazairienne. 88e minutes de jeu, un attaquant de l’équipe visiteuse part tout seul en direction du but grâce à une magnifique passe en profondeur d’un de ses coéquipiers, je dois enchaîner un énième sprint du rond central à la surface de réparation pour ne rien rater de cette occasion très prometteuse. En fin de match les jambes sont lourdes, la fatigue se fait ressentir mais je dois être présent et concentré sur l’action jusqu’à son therme et suivre l’attaquant. Un défenseur revient sur ce dernier, l’approche de plus en plus, je me présente devant la surface de réparation légèrement excentré par rapport à ma diagonale, l’attaquant pénètre la surface de réparation, va pour armer sa frappe et le défenseur se jette littéralement sur le numéro 9 en lui emportant ses 2 jambes. Pas de doute, je siffle pénalty ! La tribune explose, sifflement, insulte, tout y passe. J’arrive le premier sur le lieu de la faute, je mets la main à la poche et sors le rouge. En moins de 5 secondes les 11 joueurs de Saint-Nazaire s’attroupent autour de moi. « Vous êtes fou monsieur ! » ; « Il joue le ballon, y’a jamais pénalty !!! », je prends mes distances avec les joueurs, mais un continue à me suivre en ayant des paroles très polluantes, je n’ai pas cherché à comprendre, blanc ! Je fais exécuter le penalty, but ! Saint-Nazaire se retrouve maintenant à 9 contre 11 pour jouer le temps additionnel de 5 minutes. 94e minutes de jeu, Niort tape du poing et envoie le ballon dans les filets, 2-3 ! Deux minutes plus tard je siffle la fin du match. Retour au vestiaire sous escorte avec le délégué officiel et le délégué du club, les mots d’oiseaux sifflent mais je fais la sourde oreille. Une fois dans le vestiaire, je reçois les éloges du président du club, une bonne douche chaude et la pression redescend, quel match !